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PhytoChemia, trois collègues de classe devenus associés

Grâce aux rencontres qui s’y font, aux nouvelles connaissances qu’on y acquiert et au soutien entrepreneurial qu’on y trouve, l’UQAC est un terreau fertile où germent chaque année les idées innovantes.  Une fois le diplôme en main, il arrive que les diplômés de notre université concrétisent ces idées d’affaires en projets d’entreprises se démarquant sur la scène régionale, nationale et parfois même internationale

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C’est le cas du Laboratoire PhytoChemia, fondé en 2013 par Hubert Marceau, Laurie Caron et Alexis St-Gelais, 3 diplômés de l’UQAC au baccalauréat en chimie des produits naturels. Leur entreprise s’est rapidement positionnée comme leader dans l’analyse chimique de produits naturel et fait partie des rares entreprises de la province certifiée par Santé Canada pour effectuer le contrôle de la qualité du cannabis médical et du chanvre industriel. Récipiendaire de nombreux prix et vivant une croissance marquée par l’arrivée de plusieurs nouveaux membres à leur équipe, l’avenir s’annonce florissant pour PhytoChemia!

Samuel Taillon, agent de liaison de l’ADUQAC s’est entretenu avec Hubert Marceau, directeur du développement, cofondateur du Laboratoire PhytoChemia et diplômé de l’UQAC pour en apprendre davantage sur leur histoire.


Monsieur Marceau, merci de participer à  ce portrait de diplômé. Je commencerais cet entretien avec une question qui me brûle les lèvres chaque fois que je discute avec un entrepreneur qui a établi son entreprise : à quel moment vous est venue l’idée de vous lancer en affaire ?

Après avoir discuté entre nous, nous nous sommes rendu compte que nous avions tous des intérêts dans l’entrepreneuriat. Nous avions chacun des raisons différentes, mais nous avions tous le point commun que nous voulions être nos propres patrons. Après en avoir discuté autour d’une table au Baruqac, nous avons décidé de nous lancer, tout simplement, un peu sur un coup de tête. Nous avons donc pris rendez-vous avec le CEE-UQAC, ç’a été notre première action en tant qu’entrepreneur. Par la suite, nous avons cherché des idées pour finalement arriver où nous en sommes présentement.

Quand je m’imagine un laboratoire d’analyse chimique des produits naturels, je pense à un groupe de scientifiques en sarrau, concentré à dissoudre des pétales dans différentes éprouvettes en prenant sérieusement des notes dans un petit calepin. Suis-je assez près de la réalité ou y a-t-il des aspects méconnus du métier de chimiste ?

En fait, à l’exception d’Alexis, nous ne sommes pas dans le laboratoire. Laurie fait beaucoup plus d’administration, la facturation, la tenue de livres et les prévisions budgétaires. Pour ma part, je fais surtout de la relation client et du développement de produits. Nous avons des forces très différentes, mais nous parlons le même langage, alors nous approchons les problèmes avec des angles très variés.

Votre entreprise a fait parler d’elle à mainte reprise ces derniers mois, entre autres pour votre prix au Gala du mérite économique organisé par La Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le fjord, après avoir été nommé Gagnant national jeunes Entreprises du Prix Desjardins Entrepreneurs, mais aussi dans le magazine URBANIA dans un numéro spécial sur les jeunes entrepreneurs au Québec. Espériez-vous susciter un tel intérêt à l’extérieur du milieu scientifique ?

En fait non, nous ne nous attendions pas à une si belle réception. Expliquer ce que l’on fait à des gens qui ne sont pas en science et qui, dans certains cas,  sont même un peu rébarbatifs, c’est toujours un défi ! On ne se cachera pas que les professions en science fondamentale sont souvent confinées à leur propre environnement alors c’est toujours agréable par la suite de voir que nous sommes capables de susciter de l’intérêt.

PhytoChemia est en pleine expansion à l’extérieur du Canada, notamment aux États-Unis et en Europe. Comment vous y prenez-vous pour faire rayonner votre laboratoire, situé à Jonquière, sur la scène internationale ?

Les réseaux sociaux. Facebook, Instagram, Snapchat, Linkedin, nous tentons d’en utiliser le plus possible. Nous tentons de démontrer ce que nous sommes capables de faire en offrant de l’information aux gens. Nous approchons directement les clients de nos clients, ce faisant nous gagnons en réputation auprès de la population et notre marque devient un gage de qualité et de confiance. Cette stratégie marketing n’est pas courante dans l’univers des laboratoires, mais nous étions en mesure de l’appliquer, car nous visons des marchés de niche où les gens cherchent à comprendre.

Pourquoi avez-vous choisi la région pour établir votre  entreprise ?

Je ne vois pas pourquoi nous serions allés ailleurs. Nous habitons ici et nous avons tout ce qu’il nous faut dans la région. Accessoirement, c’est un point qui nous démarque même des autres laboratoires. Avec les moyens de communication actuels et les compagnies de courrier, les distances sont beaucoup plus relatives qu’avant.

En parcourant votre blog, je me suis aperçu que certains de vos billets permettent de partager de la connaissance sur vos découvertes avec d’autres laboratoires. Ceci m’a surpris puisque vous êtes un laboratoire privé et qu’il s’agit d’expertise qui pourrait vous donner un avantage concurentiel.  Mais cela m’a aussi rappelé les logiciels Open Source en informatique où le code peut être revu, utilisé et amélioré par qui le veut bien. Y a-t-il une dynamique semblable à l’Open Source établi entre les laboratoires privés ?

Relativement peu, mais il faut savoir que beaucoup de laboratoires privés utilisent des méthodes universelles, je pense, entre autres, aux laboratoires environnementaux qui doivent appliquer des protocoles déjà établis et où innover est plus complexe. Notre marché et nos méthodes de travail nous permettent d’innover et le partage de connaissance est en même temps une façon de faire connaître nos capacités. Je ne cacherai pas que nous sommes peut-être parmi les seules à diffuser aussi gratuitement certaines de nos découvertes, mais d’un autre côté, ce que nous diffusons reste une très petite partie de ce que nous faisons. Nous ne considérons pas que de garder pour nous ce genre de données nous donnerait un avantage concurrentiel suffisamment notable pour en priver la communauté.

Merci Hubert d’avoir pris le temps de répondre à nos questions et nous vous souhaitons bon succès pour l’avenir !

Isabelle Emond, diplômée de l’UQAC et entrepreneure nomade.

Avec les nouvelles technologies de communications, la mondialisation et les espaces de travail partagés que l’on retrouve maintenant un peu partout sur le globe (même à Saguenay), nous assistons depuis quelques années à l’émergence d’un nouveau style de vie ; celui du travailleur nomade.

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C’est le style de vie qu’a adopté Isabelle Emond, diplômée de l’UQAC en 2002 au Baccalauréat interdisciplinaire en arts et en 2009 à la maîtrise en administration des affaires (MBA Cadre). Depuis maintenant 6 mois, elle a troqué l’espace de bureau traditionnel pour les magnifiques paysages de la côte est Américaine qu’elle parcourt à bord de son VR.

Samuel Taillon, agent de liaison à l’ADUQAC s’est entretenue avec cette diplômée qui travaille maintenant à son compte comme consultante marketing et gestionnaire de projets Web.

Isabelle, premièrement merci de satisfaire ma curiosité et probablement celle de plusieurs autres diplômés de notre université en nous parlant de la réalité du travail nomade. La première question que plusieurs doivent se demander ; qu’est-ce qui t’a poussé à choisir ce style de vie ?

Très honnêtement, l’idée n’est pas venue de moi, mais de mon copain! Je n’étais pas si convaincue que ça me conviendrait comme modèle. J’avais peur de perdre des opportunités d’affaires ou de devoir mettre mon confort en deuxième plan, alors qu’il n’en est rien.  On pourrait donc dire que c’est lui qui m’a poussé et que maintenant c’est moi qui réclame ce style de vie.

Je suis abonné à ton compte Instagram depuis quelques semaines et, avouons-le, c’est un style de vie qui fait rêver ! Crois-tu que le nomadisme professionnel est à la portée de tous ?

Premièrement, merci de me suivre. J’hésite… c’est sûr que je ne peux pas répondre pour les autres, mais ce que je peux garantir, c’est plus accessible qu’on se l’imagine. Par contre, il faut savoir que c’est un défi pour le développement de nouveaux comptes. On revient au Québec après chaque grand déplacement et c’est souvent dans ces moments que j’entame les démarches pour décrocher de nouveaux contrats. Je crois que le plus gros défi se trouve dans la première impression, qu’il me semble impossible de projeter à distance. C’est essentiel de créer un bon contact avec ses nouveaux clients, qui veulent d’abord qu’on s’assoie ensemble pour parler de leurs projets  – et c’est tout à fait compréhensible.

Il faut être passionnée et discipliné. Ça aide grandement d’avoir des relations bien établies avec ses clients et ses partenaires. Dans mon cas, avec une maîtrise en poche et mon bagage en agence, je me suis sentie bien outillée pour démarrer mon entreprise et opter pour ce style de vie. Donc, oui ça prend une certaine expérience professionnelle pour naviguer dans des contextes en mouvement, mais ce n’est pas impossible.

Par ailleurs, en cas de nécessité, il faut être prêt à prendre l’avion pour un rendez-vous important!  Je ne mettrai jamais un projet en péril au détriment de mon choix de style de vie.

Au-delà du sable un peu trop chaud et de quelques coups de soleil, que trouves-tu le plus difficile à travailler de manière nomade comme tu le fais ? Est-ce que parfois le travail, disons « de bureau », te manque ?

Le travail de bureau, non. Par contre, je trouve ça « challengeant » de travailler dans des contextes en mouvement ou de côtoyer des personnes qui, souvent, sont en vacances. J’ai donc appris à me concentrer et à me créer ma petite bulle.  On me trouve peut-être parfois indépendante ou moins disponible (à tort !), car je dois me retirer et faire quelques heures devant l’écran alors qu’il y a du vent et une température magnifique!

Être entrepreneure m’a donné la possibilité et la liberté de choisir de qui je voulais m’entourer, en affaires, mais aussi dans la vie. Mon travail me permet de faire de fabuleuses rencontres avec des gens talentueux et créatifs ; des professionnels qui partagent avec moi de nombreuses valeurs et affinités. C’est d’ailleurs selon ces critères que je sélectionne les gens avec qui je ferai équipe. C’est un des nombreux plus de travailler à son compte, auquel on n’a pas toujours accès quand on fait du travail « de bureau ».

Tu travailles à ton compte comme consultante marketing et gestionnaire de projets Web. En plus des avantages personnels que te procure le travail nomade, y a-t-il des avantages professionnels ?

À mon avis, l’un ne va pas sans l’autre. De plus en plus, j’accorde une grande part de « personnel » dans le « professionnel », dans le sens où je prends mes décisions d’affaires en fonction de mes loisirs et de mes intérêts. Les nouvelles rencontres d’affaires ou de partenaires ou de collaborateurs sont de plus en plus orientées vers le sport et le voyage, par exemple. Les sports que je pratique me permettent de vivre dans des contextes en adéquation avec mes valeurs et mes préférences. Je me crée des opportunités en fonction de ce que j’aime et j’ai donc plus de chance de me développer dans ce sens.

Pour tous les diplômés qui aimeraient eux aussi adopter le nomadisme professionnel, quels conseils aimerais-tu leur donner ?

Parfois, le nomadisme professionnel est véritablement contradictoire. Il y a des journées où on se laisse emporter par la vague – littéralement. Il peut être facile de se laisser croire qu’on est en vacances tous les jours. Avec le temps, on finit par éviter de tomber dans ce piège. Par contre, il y a des moments où on n’arrive pas à décrocher. Il faut donc penser à des solutions pour mettre ça à OFF!

Discipline, autonomie et passion pour le métier sont des qualités incontournables pour relever les défis que présente le nomadisme professionnel. Il faut également avoir un grand intérêt pour la découverte et les contextes changeants.

Un dernier petit conseil : avant le départ, faites la liste des valeurs et priorités qui, à vos yeux, ne doivent pas changer sous aucun prétexte, et ce même à distance. C’est ce qui permet de garantir et de maintenir les critères de qualité de vie (et de service client) que vous vous serez préalablement fixés.

Quel est le plus beau souvenir que tu conserves de tes années à l’UQAC ?

Les amitiés que j’ai développées pendant le MBA. Les échanges que j’avais avec mes collègues du MBA. Étonnamment, je m’ennuie des sprints d’études pour  la synergie et l’énergie créée par le travail d’équipe. J’ai eu l’occasion de discuter de problématiques vécues et de trouver des solutions grâce à l’aide de mes pairs. C’est ce qui est bien du MBA, il est basé sur la collaboration, la participation et l’échange d’expériences. C’est précisément de cet aspect que je m’ennuie le plus, mais c’est également celui qui m’a permis de grandir professionnellement. Je fais encore fréquemment usage des aptitudes relationnelles que j’ai développées au courant de mon MBA.

Nous avons appris que tu étais une adepte d’activités nautiques comme le kitesurf et l’aviron, alors voici, pour finir, notre question dilemme : Préférerais-tu un emploi sédentaire près de l’océan ou un emploi nomade principalement à l’intérieur des terres ?

J’aime beaucoup ta question ! Je suis nomade pour le kitesurf ! Alors, je répondrais un emploi sédentaire près de l’océan. J’aurais beaucoup de difficulté à ne pas être près d’un point d’eau. Ça toujours été ainsi ; j’ai été élevé sur le bord d’un lac (le Lac Clair) et mon père m’a initié à la planche à voile dès mon plus jeune âge. Aujourd’hui, c’est le désir de découverte qui est très présent et c’est tellement plus facile en contexte de déplacement. Par contre, c’est sûr que je continuerais d’être travailleuse autonome, avec le choix d’horaires, de clients et de partenaires que cela implique, et ce peu importe les paramètres qui dictent mon emplacement.

Merci beaucoup Isabelle

Merci pour cette entrevue, c’était très agréable d’y répondre !

En terminant, je dirais que ce nouveau mode de vie m’a prouvé qu’il est pleinement possible de choisir son propre modèle d’affaires et donc d’emprunter un parcours professionnel qui nous ressemble. Il faut simplement savoir exploiter au maximum sa formation académique et oser entreprendre ! Le nomadisme professionnel est non seulement mon nouveau mode de vie, mais il fait désormais partie intégrante de mon développement d’affaires. J’adore m’accomplir et pouvoir travailler indépendamment de l’emplacement physique ! C’est quelque chose que je recommande à tous !

 

Deux diplômés de l’UQAC fondent Le Moulin à Cie

Tous deux diplômés du Baccalauréat en intervention plein-air et tourisme d’aventure de l’UQAC en 2011, Claudia Bélanger (aussi diplômée à la maîtrise en gestion des organisations à l’UQAC) et Paul-Henri Callens (actuellement en rédaction de mémoire pour la Maîtrise en gestion de projet toujours de l’UQAC) ont ouvert le premier espace de travail partagé, le 6 octobre 2016 à Saguenay.

Concept de plus en plus répandu dans le monde, les espaces de travail partagés, ou de « coworking », permettent aux travailleurs autonomes ou même aux étudiants en rédaction de mémoire, d’avoir un espace dédié pour leur travail, loin des distractions de la maison, et surtout, à moindre coût comparativement à une location de bureau. Ce sujet très bien expliqué dans cet article sur CEUC.ca.

Bien que le Moulin à Cie réponde à ce besoin très actuel de lieu physique de travail, la vision des deux fondateurs et de ceux qui occupent déjà le Moulin ne s’arrête pas là. Briser l’isolement, permettre aux personnes d’échanger et d’apprendre en faisant partie d’une communauté ; voilà le véritable rôle de ce nouvel espace.

« Ce qui nous motive, c’est d’instaurer des valeurs de collaboration professionnelle à Saguenay. Et pas uniquement pour les travailleurs autonomes. Tout le monde peut profiter de cette collaboration en passant au Moulin ou en participant à nos événements »
– Claudia Bélanger

Effectivement, malgré les dernières semaines bien occupées à aménager le 401 rue Racine Est, voisin du Kitsh-Up, en un véritable lieu de travail à la fois fonctionnel et tendance, le duo n’est pas à court de projets ! Déjà plusieurs conférences et ateliers sont au calendrier pour permettre à la communauté du Moulin d’échanger entre eux et de rencontrer des experts dans différents domaines tels le droit des affaires, la comptabilité pour les entrepreneurs ou même l’entrainement sportif pour améliorer la productivité et la créativité.

Le Moulin à Cie apporte donc son lot de fraîcheur et de nouveauté à Saguenay. Comme nouvel acteur favorisant l’entrepreneuriat local, le Moulin permettra sans doute à plusieurs autres diplômés de l’UQAC de réaliser leur projet d’entreprise

« Nous voulons participer à l’effort de rendre Saguenay une ville créative et dans laquelle les projets se développent.  Une ville qui n’a pas peur d’innover et où les jeunes choisiront de rester et d’entreprendre ! »
– Paul Henri Callens

L’ADUQAC est fier de l’accomplissement de ces diplômés et souhaite longue vie au Moulin à Cie et à tous les projets qui y verront le jour !


Crédit photo : Stéphane Boivin – CEUC.ca