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Des diplômés qui ont du cœur

Au cours des 20 dernières années, la fondation Sur la pointe des pieds a permis à près de 500 jeunes atteints du cancer de vivre une expédition d’aventure thérapeutique, leur offrant ainsi une occasion de côtoyer d’autres jeunes partageant la même réalité, de créer des liens d’amitié et de relever un défi qui pouvait leur sembler irréalisable au départ.

Derrière ces expéditions organisées par la fondation, nous retrouvons plusieurs diplômés de notre université, bénévoles, stagiaires et employés, œuvrant chaque année à rendre ces expéditions possibles. C’est le cas de Catherine Provost et Yan Goyette, tous deux diplômés du Baccalauréat en plein air et tourisme d’aventure de l’UQAC, qui travaillent à la fondation depuis 2013.

Nous nous sommes entretenus avec eux pour en apprendre davantage sur cette cause et les moments intenses, remplis d’émotions et de force, que vivent à la fois les participants et les accompagnants.

Yan et Catherine, c’est un plaisir de faire ce portrait de diplômé avec vous. Vous êtes tous les deux diplômés du programme en plein air et tourisme d’aventure de l’UQAC, maintenant chargés de projets et responsables d’événements pour la fondation Sur la pointe des pieds. Pensiez-vous devenir, en quelque sorte, des thérapeutes par le plein air à la fin de vos études ?

Yan :
Pour moi, c’était clair à la fin de mon parcours que c’était le domaine qui m’intéressait. J’avais effectué un stage avec Mario Bilodeau pour un cours d’intervention en aventure thérapeutique et je voyais bien que c’est ce que j’appréciais : utiliser le plein air et l’aventure pour contribuer au mieux-être des gens. Ce cours avait une forme intéressante, il était offert aux étudiants de plein air et de travail social. Mon rôle consistait à assister Mario dans la préparation des cours et accompagner les différents projets organisés par les étudiants dans le cadre du cours. Ce fut une entrée en matière très riche. Je me suis impliqué également avec la Coopérative INAQ, qui m’a permis de travailler avec une grande variété de clientèles. Ce sont ces premières expériences de travail qui m’ont confirmé mon intérêt à poursuivre dans ce domaine. Je savais que mon rôle en plein air ne devait pas se limiter à offrir des expériences touristiques en expéditions, mais plutôt que ces expéditions devaient servir à offrir une plate-forme aux participants pour se développer. Je voyais tout le potentiel éducatif et thérapeutique que pouvaient offrir les expéditions en plein air et j’étais bien motivé à développer cette avenue.

Bref, avec le recul, je m’aperçois que l’intervention par la nature et l’aventure était déjà présente à la fin de mon parcours. Toutefois, je ne savais pas quelle forme celle-ci était pour prendre.

Catherine :
Avant de commencer mes études à l’UQAC, j’ai longtemps travaillé dans un camp de vacances qui offrait de grandes expéditions de canot. Durant ces années, j’ai été témoin des impacts du contact avec la nature et l’aventure chez un groupe d’adolescents. En commençant mes études au baccalauréat en plein air, je ne pouvais pas encore identifier clairement ce que je voulais faire, mais je savais que j’étais habitée par le développement humain plus que par l’expérience d’aventure à des fins touristiques. Mes implications et les différents cours que j’ai fait durant ma formation m’ont permis de mieux comprendre ce qu’était l’aventure thérapeutique. Des rencontres avec des intervenants passionnés comme Mario Bilodeau et Virginie Gargano ont confirmé mon désir de m’orienter dans cette direction suite à mon baccalauréat. Tout au long de mes études, j’ai suivi de près les activités de la fondation Sur la pointe des pieds et je trouvais la mission très inspirante, sans penser qu’un jour je pourrais y travailler. Au même moment, la Coopérative INAQ en était à ses premiers balbutiements. J’avais l’impression que l’intervention par la nature était en pleine émergence et que tout était à faire.

J’ai eu la chance de faire quelques implications personnelles auprès de la coopérative INAQ et de la fondation Sur la pointe des pieds et de différents autres groupes durant mon parcours scolaire. À la fin de mes études, j’étais certaine de vouloir agir auprès des jeunes pour leur permettre de recréer un lien avec la nature et leur permettre de vivre des expériences enrichissantes sur le plan humain grâce à l’aventure. Il m’aura toutefois fallu attendre jusqu’en 2012 avant de pouvoir travailler à la fondation Sur la pointe des pieds.

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Vous offrez à des centaines de jeunes une expérience importante dans leur cheminement face à la maladie et vous devez sans doute être témoin de moments forts en émotions à chacune de vos expéditions. Comment vivez-vous, en tant qu’accompagnateur, cette expérience avec ces jeunes ?

Catherine :
La mission de la Fondation m’amène à faire des rencontres significatives. Tous les participants qui viennent en expédition sont soit atteints d’un cancer ou en rémission, mais au-delà de la maladie, ils sont des adolescents ou de jeunes adultes d’une grande résilience et souvent d’une grande maturité. Je suis quelqu’un de très empathique, donc ces rencontres avec ces jeunes et leurs parents ne me laissent jamais indifférente. Ce qui me touche le plus c’est de voir à quel point ils profitent pleinement des expéditions qu’on leur propose pour s’exprimer, écouter les histoires des autres, repousser leurs limites et vivre à fond. Je me sens privilégiée de pouvoir être témoin des amitiés sincères qui se créent entre les participants.

Notre rôle en tant que facilitateur d’aventure thérapeutique est de mettre tout en place pour que les participants se sentent en sécurité dans un nouvel environnement et de leur proposer un défi qu’ils pourront réaliser. Une fois en expédition, plusieurs facteurs hors de notre contrôle viennent bonifier l’expérience, par exemple les conditions météo ou les relations humaines. L’activité que l’on pratique en expédition ne devient qu’un moyen de se déplacer pour parcourir de la distance et découvrir de nouveaux territoires, mais le plus important c’est la confiance que les jeunes retrouvent en eux en se voyant capables d’accomplir l’activité, en se sentant aventuriers et téméraires devant les obstacles qu’ils surmontent chaque jour en expédition et tout ce qu’ils accomplissent individuellement et en tant que groupe. Chaque moment de vie en expédition est aussi un moment d’échanges; les plus grandes confidences se passent souvent autour d’un bac à vaisselle, en allant ramasser du bois pour le feu ou une fois couché sous la tente.

Je me souviens d’un moment très spécial en expédition où un groupe d’adolescents ont décidé par eux-mêmes d’organiser un cercle de partage afin de permettre à chacun de s’exprimer. Ils avaient senti que l’un d’entre eux avait une mauvaise journée et qu’il avait de la difficulté à s’intégrer au groupe. Ils ont tout organisé et sont venus nous aviser que nous pouvions y assister si on le voulait… L’une des jeunes filles a animé la discussion dans le plus grand respect laissant à chacun le temps de s’exprimer sur son histoire avec le cancer, sa réalité et sa vision de l’avenir. Le fait que ça venait d’eux-mêmes me prouvait à quel point ils avaient besoin d’en parler et d’entendre les histoires des autres. À partir de ce moment-là, l’expédition a pris un autre sens pour tout le monde. Ç’a été une des soirées les plus touchantes que j’ai vécu en expédition.

Yan :
Pour ma part, j’ai eu la chance de travailler comme guide pour une expédition de la fondation. J’ai pu y voir tous les impacts que la maladie peut avoir chez les jeunes, au niveau personnel et social. C’était très touchant de voir à quel point les jeunes peuvent s’ouvrir entre eux et partager leur expérience de la maladie. Le cancer leur avait donné l’impression qu’ils ne pouvaient plus accomplir certaines choses. Au cours de l’expédition, ils s’apercevaient que finalement, ils en étaient toujours capables, que ce n’était pas la fin. C’est inspirant de voir à quel point il faut être résilient pour reprendre ces activités alors qu’on a été placé en situation de vulnérabilité pendant un certain temps. Ce fut également touchant de voir le lien qui s’est créé entre les participants. Ce lien s’est créé rapidement et on voyait très bien que les jeunes se comprenaient, qu’il régnait une ambiance de soutien à l’intérieur du groupe. 

Dorénavant, mon rôle à la fondation Sur la pointe des pieds est principalement d’organiser un événement de financement, le Double défi des deux Mario. Il s’agit d’une traversée hivernale du lac Saint-Jean où l’on offre la possibilité à des donateurs de vivre en l’espace de 3 jours une sorte d’aperçu des programmes de la fondation. Les expéditions de la fondation durent en moyenne entre 10 et 12 jours, voilà pourquoi je parle ici d’une vitrine offerte aux participants, car la durée est plus courte, et aussi, parce que nous avons une quarantaine de participants alors que les expéditions de la fondation sont conçues pour une douzaine de participants.

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En plus de permettre la collecte de dons afin que les jeunes puissent participer gratuitement aux expéditions, ces activités-bénéfices ont aussi la mission de changer l’image de la maladie auprès du public. Quel est le changement que vous voulez apporter à l’image qu’en ont les gens et comment y arrivez-vous ?

Yan :
C’est l’idée derrière le Double défi des deux Mario. Ce n’est pas seulement une collecte de fonds, c’est réellement une immersion dans les valeurs et la vision de la fondation. En se préparant pour leur défi, les participants apprennent à mieux connaître la fondation et deviennent des porteurs de message pour la fondation. En prenant part à la traversée hivernale du lac Saint-Jean, ils intériorisent les valeurs et la mission de la fondation en vivant une expérience unique et touchante. La traversée n’est pas seulement un défi de camping d’hiver, elle est ponctuée de plusieurs activités qui permettent de mieux comprendre le parcours des jeunes au sein d’une expédition de la fondation. Cette expérience culmine également par une soirée de partage, où nous avons souvent le privilège d’entendre le vécu et le témoignage d’un jeune qui raconte ce que la fondation a pu lui apporter. Une fois l’aventure terminée, les participants deviennent de véritables ambassadeurs prêts à partager le rôle de la fondation auprès de leur entourage. Ils sont en mesure de partager que la médecine guérit bien la maladie d’un point de vue biologique, mais que celle-ci laisse des traces au niveau psychologique et qu’une expérience d’expédition d’aventure thérapeutique est souvent la poussée initiale qui aide les jeunes à se remettre en mouvement, tant au sens figuré qu’au sens propre !

La guérison est un long processus qui ne fait que commencer au moment où les jeunes apprennent qu’ils sont en rémission, car le cancer laisse bien des traces qui ne sont pas nécessairement visibles. Mario Bilodeau résume très bien cet élément lorsqu’il mentionne que les expéditions de la fondation permettent aux jeunes de retrouver leur adolescence, en leur permettant de rire et de s’amuser en groupe. Cela semble facile pour nous, mais lorsqu’on vit avec le cancer et toutes les répercussions de la maladie sur notre famille et notre entourage, il devient parfois difficile de se permettre de lâcher son fou. Bref, lors du Double défi des deux Mario, nous souhaitons le plus possible d’arrimer l’expérience des participants au vécu d’un jeune en expédition.

Catherine :
À travers le Rase-O-Thon Marie-Hélène Côté qui se tient chaque année au début de mai, nous souhaitons également sensibiliser les gens à une facette de ce que les jeunes vivent durant la maladie. Se promener le crâne dénudé, c’est se faire remarquer, c’est parfois recevoir des regards gênés ou des regards de pitié. En vivant cette réalité durant quelques jours, les gens qui participent au Rase-O-Thon témoignent leur soutien aux jeunes qui ont dû affronter les traitements de chimiothérapie. Au-delà du geste de se faire raser la tête, les gens qui participent au Rase-O-Thon sont touchés par les témoignages des jeunes et de leurs parents.

Nous souhaitons changer l’image que la population a des jeunes atteints d’un cancer. Souvent, les premiers qui sont témoins des changements qui s’opèrent chez les jeunes sont leurs parents ou leur conjoint/conjointe. La plupart du temps lorsque le jeune revient d’expédition, il a gagné en autonomie, il est fier de lui, de ce qu’il a accompli, il ne veut plus que les autres fassent les choses à sa place. C’est flagrant, au départ de l’expédition c’est souvent le parent qui transporte la valise du jeune. Lorsqu’il revient et que son parent veut transporter son sac pour lui, il lui fait savoir assez vite qu’il est capable de le faire lui-même. Nous travaillons beaucoup à normaliser les participants. Lorsqu’ils sont avec nous, ils sont des ados ou jeunes adultes prêts à vivre une grande aventure. Nous les traitons comme des jeunes pleins de capacités et nous les encourageons à tout faire par eux-mêmes, nous les forçons à repousser ce qu’ils croient être leurs limites. En revenant d’expédition la tête haute, le regard fier et chargé de motivation et d’ambition, ce sont eux qui changent le regard que les gens autour d’eux avaient sur eux.

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Merci énormément à vous deux d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. L’ADUQAC est heureuse de faire ce portrait de diplômé avec vous, non seulement pour faire connaître la fondation Sur la pointe des pieds, mais aussi pour parler du rôle important qu’y jouent nos diplômés.

Si vous désirez en apprendre davantage sur la fondation Sur la pointe et des pieds et contribuer à changer la vie de ces jeunes, nous vous invitons à consulter le site web www.pointedespieds.com

Profitez-en pour apporter votre support à cette organisation en mettant votre tête à prix dans le cadre de la campagne 2018 du Rase-o-thon qui bat son plein !

S’impliquer pour changer les choses

Portrait de diplômée avec Natacha Jean

Au cours des derniers mois, l’équipe de l’ADUQAC a eu la chance de réaliser plusieurs portraits avec des diplômé(e)s s’étant illustré(e)s dans le secteur privé. Ce mois-ci, c’est en politique que s’est démarquée la diplômée ayant attiré notre attention.  Nous sommes heureux de mettre en lumière le parcours inspirant de Mme Natacha Jean, diplômée au baccalauréat en enseignement au secondaire, profil histoire et à la maîtrise en interventions régionales de l’UQAC, qui vient de terminer un mandat de 4 ans comme conseillère municipale  et membre du comité exécutif de la ville de Québec.

Madame Jean, merci de partager avec nous votre parcours. Tout d’abord, j’aimerais savoir pourquoi vous être lancé en politique?

L’important pour moi, c’est de m’investir dans une cause, dans des actions qui provoquent des changements. Et sur ce plan, j’ai été choyée d’abord en présidant des associations étudiantes au secondaire, au cégep et à l’université et en siégeant sur plusieurs conseils d’administration très tôt dans mon parcours. Dans mon cas, ces implications ont été très formatrices. De devoir débattre des revendications des élèves devant une direction dès l’adolescence, cela permet de développer certaines aptitudes très jeunes. On apprend également vite à faire face à l’adversité, car nos positions ne font, évidemment, pas toujours l’unanimité. J’ai réalisé rapidement que si on veut que les choses changent, il faut s’impliquer.

J’ai milité par la suite pour la place des jeunes dans les sphères décisionnelles et pour l’enracinement des jeunes dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean à travers des organisations comme le CJE Saguenay, Place aux jeunes en région, le Parlement jeunesse et le conseil municipal jeunesse de Chicoutimi. J’ai ensuite été nommée porte-parole régionale du Sommet du Québec et de la jeunesse en 2000 et j’ai participé à l’implantation du Forum jeunesse régional. Des projets jeunesse très concrets ont été créés suite à ces démarches. C’est à cette époque que je me suis inscrite au programme de maîtrise en Études régionales de l’UQAC, car je tenais à faire ma formation dans ma région. Je n’ai jamais regretté ce choix. J’ai eu l’occasion au cours de ma maîtrise de développer des connaissances sur la mobilisation des acteurs clés d’un territoire, sur les bases du développement économique, etc. J’ai eu également le privilège d’être assistante de recherche pour Marielle Tremblay et Marc-Urbain Proulx.

À la fin de mes études, des professeurs ont recommandé ma candidature à Michel Perron qui démarrait à l’époque le CRÉPAS. J’ai été engagée en tant que coordonnatrice régionale du Chantier école-entreprises-milieu. J’ai occupé ce poste deux ans. J’ai beaucoup appris de cette équipe et c’est encore pour moi une grande fierté d’avoir été associée à la première instance régionale en persévérance scolaire. Dans cette foulée, on m’a offert un poste de directrice des communications et des relations publiques au Fonds jeunesse Québec, un fonds national de 240 M $ créé lors du Sommet du Québec et de la jeunesse. Un poste basé à Québec, ce qui m’a amené à quitter la région. J’ai ensuite été directrice adjointe du Centre de recherche de la Fondation de l’entrepreneurship et PDG du Concours québécois en entrepreneuriat de 2007 à 2013. Au cours de ces mandats, j’ai eu l’occasion de défendre les enjeux régionaux sur plusieurs tribunes et plusieurs comités.

En y pensant bien, c’est l’entrepreneuriat qui m’a mené à la politique municipale. Au départ, M. Labeaume m’a proposé de faire partie de son équipe de candidats afin que je puisse l’accompagner dans ses actions visant à faire de Québec la ville « la plus entrepreneuriale au pays »! J’avais déjà travaillé avec M. Labeaume lorsqu’il était PDG de la Fondation de l’entrepreneurship et j’avais été impressionnée par son énergie et son leadership. J’ai donc accepté rapidement de faire campagne en 2013. Suite à mon élection, le maire m’a nommée présidente de l’arrondissement Des Rivières et responsable de l’entrepreneuriat au sein du comité exécutif. Les premiers mois ont été ardus, car il faut s’approprier beaucoup de contenu à vitesse grand V. C’est à ce moment qu’on réalise à quel point nos implications passées peuvent nous être utiles ! Ce fut un mandat extrêmement enrichissant, mais comme mes enfants sont jeunes et j’ai décidé de ne pas briguer un 2e mandat afin d’être davantage présente pendant quelques années. En politique, on contrôle peut ou pas du tout notre emploi du temps. Mon rôle de représentante des citoyens de Vanier va profondément me manquer et je ne dis pas non d’emblée à un retour en politique un jour. Je suis présentement à la recherche d’un nouveau défi. Peut-être bien à la recherche d’une entreprise à acheter en 2018!

Quelles sont les réalisations dont vous êtes la plus fière de ces quatre dernières années à servir les citoyens de Québec ?

Le district où j’ai été élue est l’un des plus défavorisés de Québec. Suite à mon élection, j’ai effectué une tournée des organismes et des écoles. J’ai constaté à quel point ce secteur était aux prises avec des enjeux sociaux et économiques de taille. Même si Québec est une ville riche, plusieurs citoyens vivent sous le seuil de la pauvreté. D’ailleurs, lorsque j’ai fait campagne, l’école secondaire Vanier était le théâtre du taux de décrochage le plus élevé au Québec, soit 63 %. Ce sont des élèves de plus de 34 nationalités (en grande proportion allophones lors de leur arrivée en secondaire 1) qui composent la clientèle. Imaginez le défi!

Dès le début du mandat, j’ai décidé de m’impliquer afin de changer les choses. J’ai été appuyée à 100% par le cabinet du maire dans mes démarches. Entourée d’anciens citoyens de Vanier qui ont réussi en affaires et du député du coin, j’ai participé à la création de « Mobilisation Vanier ». Cette initiative permet de réunir des acteurs clés et des fonds nécessaires pour soutenir des projets visant à sortir les jeunes de Vanier du cercle vicieux de la pauvreté et du décrochage scolaire. Nous avons convaincu la comédienne Guylaine Tremblay, ancienne élève de cette école, d’en être la porte-parole.

Au cours du dernier mandat, nous avons soutenu principalement l’école secondaire Vanier. Afin de contrer le décrochage scolaire, la direction de l’école a créé des équipes sportives pour motiver les jeunes. Plus de 35 % des élèves font partie d’une de ces équipes aujourd’hui alors qu’en 2013, la cour arrière était un champ boueux complètement abandonné et les jeunes n’avaient pas les moyens de payer leur inscription, leur uniforme, l’équipement de base, etc. Nos démarches ont permis de récolter plus de 3 M $ de fonds publics et privés. En 2 ans, la cour d’école a été totalement aménagée. On a construit un terrain de soccer synthétique magnifique, des aires de basketball, une zone de course, de l’éclairage sécuritaire, des gradins, etc. Le paysage de cette portion du quartier est totalement transformé. Nous avons également recruté neuf entreprises locales qui supporteront financièrement chacune des équipes de sport pendant 3 ans et nous avons créé un poste de coordonnateur des sports à temps plein. On sent réellement le vent de changement dans cette école et le taux de décrochage scolaire a diminué de moitié depuis 5 ans.

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Nous avons également investi, pendant mon mandat, dans un projet de jardin communautaire et nous avons rouvert la bibliothèque de Duberger, secteur du district également défavorisé. Toutes ces réalisations me rendent bien fière. Les gens de mon quartier ne se plaignent pas beaucoup de leurs conditions et j’ai vite réalisé que le citoyen le plus revendicateur de Vanier, ça devait être la conseillère ! Je poursuis d’ailleurs mon implication dans cette initiative bien que je ne sois plus une élue. Malgré le progrès, la partie n’est pas gagnée pour les jeunes de ce quartier.

Merci beaucoup Madame Jean. Avant de conclure, j’aimerais connaître un des bons souvenirs que vous conservez de votre passage à l’UQAC.

Je ne retiens que de beaux souvenirs de mon passage à l’UQAC. C’est un réel privilège de fréquenter une université à « taille humaine ». Je retiens aussi le niveau d’engagement et d’accessibilité des enseignants et le dévouement du personnel. Pouvoir discuter facilement avec les enseignants avant, pendant, ou après un cours, c’est une valeur ajoutée inestimable dans un parcours universitaire et j’ai réalisé après coup que ce n’était pas comme cela partout. Parmi mes meilleurs souvenirs, je retiens les cours de Marielle Tremblay. La vision de cette femme engagée, sensible et féministe a teinté grandement ma vie professionnelle par la suite.

Simon Lafrance – L’UQAC, un choix qui change tout

En vue de la Grande Conférence du 25 octobre 2017, l’équipe de l’ADUQAC, avec la précieuse aide des Communications étudiantes universitaires de Chicoutimi (CEUC), a décidé d’en apprendre davantage sur le parcours de notre conférencier, M. Simon Lafrance.
Maintenant PDG de STRATEGEUM, firme en conseil et analyse stratégiques qu’il a fondée, et stratège ayant travaillé sur plusieurs campagnes politiques américaines, nous vous invitons donc à découvrir le portrait de ce diplômé réalisé par CEUC, rédigé par Jessica Normandin suite à une entrevue de Vincent Côté